LA FABRIQUE DE
L'ETAT DU MONDE 

Valérie Cordy

Directrice de la Fabrique de Théâtre

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Sur la terre, c'est un jour comme les autres, un jour exceptionnel donc. Un mois de juin sur une autoroute. Les fenêtres de la voiture sont grandes ouvertes, pas de climatisation. Dans ce vacarme assourdissant ballottées par les vents violents qui caractérisent parfois le sud, nous accomplissons les derniers kilomètres qui nous séparent des remparts de la ville d'Avignon. 

Une architecture offensive autant que défensive. D'un autre temps, celui de la domination par la force. On peut sentir la lourdeur et la chaleur de la pierre blanche. 

 

Dans ma valise deux livres choisis attentivement. « Personne » de Gwenaëlle Aubry et « Hommes » d'Emmanuelle Richard. Je les lis en parallèle, l'un répondant à l'autre. 

 

À la droite de l'appartement que nous allons occuper quelques jours, un marchand de café, à la gauche une enseigne qui annonce fièrement « tarot créatif ». Ne jamais chercher à savoir ce que l'avenir nous réserve. Ne pas se laisser tenter, oublier la chaleur étouffante. Tracer son chemin. Boire plutôt du café. Telles sont les premières injonctions. 

 

Vient ensuite la part de la technique. Celle qui fait du théâtre un espace à part d'un monde dans un autre et peut accueillir les discours autant que les actes. Un espace volontairement artificiel : il n'y avait rien, il y a maintenant quelque chose qui peut advenir, qui adviendra, à heure fixe, à durée déterminée à l'avance. 

 

Pour finir, les plannings. Comment abattre autant de travail en si peu de temps, il faut s'organiser. Inviter, transporter, loger tous les intervenant.e.s, tous les jours différent.e.s... Dialoguer, se mettre d'accord, donner le meilleur de nous-mêmes. Rire aussi, s'emporter parfois, ne jamais tomber dans le divertir, toujours regarder vers l'horizon, le plus loin possible.

 

Tels sont les premiers moments du spectacle « Etat du Monde, les chroniques » au Théâtre des Doms, vitrine des arts de la scène de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce spectacle s'est joué du 6 au 28 juillet, tous les jours sauf quelques relâches. 

 

Nous remercions ici toutes celles et tous ceux qui sont venu.e.s nous rejoindre sur scène pour décrypter l'état du monde, l'état de notre monde, le seul que nous avons. Définitivement. 

 

Et maintenant, nous ouvrons une nouvelle saison théâtrale, riche en rêves et rencontres.