APREM#6

 
Théâtre de l'Anthropocène / Média / Nature / Société

Des interprétations contemporaines (et cette contemporanéité n'est pas qu'actuelle) de « l'universalité du théâtre » peuvent mener à une interprétation hâtive de cette universalité. Ainsi, les multiples reprises d'auteurs classiques (des Grecs à Molière ou Shakespeare) peuvent laisser à penser cette universalité comme étant basée non pas sur la force des modalités du théâtre mais bien sur une forme d'absolu indépendant des conditions sociales, économiques et donc techniques dans lesquelles diverses œuvres ont été créées.

 

Les APREM étant généalogiquement liés aux Sondes de la Chartreuse du Centre National des Écritures du Spectacle, celles-ci s'appuyant entre autres sur les travaux d'Herbert Marshall-McLuhan et Erwin Piscator et son théâtre politique, c'est évidemment une perspective dans laquelle nous ne pouvons nous inscrire.

 

Nous vivons à l'époque géologique de l'Anthropocène et en particulier à une forme de mondialisation dans laquelle géographie et climat sont modifiés.

 

Le parti pris d'APREM#6 est de questionner ce que peut être le théâtre de l'Anthropocène.

Comment la géographie et le climat transforment la pratique théâtrale ? Comment faire coexister sur scène la vie (végétale et animale), l’animé et l’inanimé, l'humain et la machine ? 

Quelles seraient les mutations d’un théâtre qui se saisirait de la perspective écologique? 

 

Nous nous proposons de reprendre ces questions déjà soulevées dans les années 90 par Bonnie Marranca dans Ecologies of Theater à une époque de tension accrue sur les ressources, de dévastation écologique de divers ordres, d'un changement climatique qui semble s'emballer. Ces transformations rapides appellent une ressaisie des enjeux écologiques dans ses dimensions historiques, politiques, sociales, économiques et technologiques, soit transindividuelles. 

 

Le développement récent d’une géologie des média, d’une vision de l’écologie s'abstrayant ou instrumentant la nature, ou d’une invitation à se saisir des élusifs hyperobjets (Timothy Morton) sont autant de leviers pour inventer un théâtre de l’Anthropocène.

 

Nous voulons être particulièrement attentifs au fait que l’environnement est de plus en plus pensé à travers une condition humaine exosomatique, soit artificielle et technique, donc basée sur la technologie, technologie dont la compréhension de l’impact écologique se raffine. Nos environnements technologiques sont en effet de plus en plus déterminés par un accès à des ressources géologiques. 

 

Nous nous proposons pendant trois jours de créer un atelier collectif et public de dramaturgie autour de l’expérimentation de formes scéniques se confrontant à ces questions. 

 

Nous inviterons des observateurs de ces processus dramaturgiques mêlant directeurs d’institutions culturelles, intellectuels et étudiants. 

 

L’hypothèse sur laquelle nous travaillons est en effet que la saisie de ce type d’enjeux ne peut se faire qu’en inventant des formes renouvelées et que ce renouvellement est indissociable de l'expérimentation. 

 

Nous nous proposons également de mettre en lumière les enjeux contemporains à travers la recréation d’une perspective historique autour des notions de théâtre de la nature et de Theatrum Mundi qui articulait théâtre et cosmos. 

 

Déroulé des trois journées

 

Jeudi 16 novembre

 

15h – Introduction Franck Bauchard « the cloud-storms of the twenty first century » 

 

15h45 – Allison Rabent « Unknown Fields Division: An exploration of unconscious destruction »

 

17h – Expérimentation 1 / The Weather Forecast

 

17h45 – Jeremy Pickard « On Eco Theater » 

 

20h15 – Julie Sermon « Que faire ? Actions et puissances du théâtre à l’heure de l’anthropocène »

 

21h 15– Andy Bichlbaum (AKA Jacques Servin) « Dire "oui" pour dire "non"? » 

 

Vendredi 17 novembre

 

15h – Nicolas Dupont – Visite guidée de Crachet-Picquery à Frameries et de la Malogne à Cuesmes  « Deux sites emblématiques d’extraction de ressources énergétiques et minérales du Borinage » + lecture dans le bus de « l'origine de la vie » par Julien Stiegler 

 

17h – Retour à la Fabrique

 

17h15 – Expérimentation 2 /The Weather Forecast

 

18h00 – Thierry Bedard « L’art est fait pour troubler, la science rassure … / Georges Braque »

 

19h - Fabienne Dénoual « Effondrement et imaginaires communs désirables : fonder une alliance artistique transdisciplinaire européenne"

 

Au Centre culturel de Colfontaine :

20h – Alexandre Galand « Art et Anthropocène : créer au temps des catastrophes » 

 

Samedi 18 novembre

 

11h – Lianna Tatman « Cli-Fi : Facts & Fiction »

 

11h45 – Pierre Schoentjes « Vivre le monde, écrire l’environnement - Nature, écologie et littérature contemporaine »

 

14h – Expérimentation 3 / The Weather Forecast

 

14h45 - Yoann Moreau « Sur le lien intime entre théâtre et catastrophes »

 

16h15 – Clémence Hallé et Duncan Evenou « Matters / Theatrum Anthropocenicum »

 

17h15 – Jean-Claude Englebert « Avec quoi brûler l'Anthropocène ? » 

 

19h00 – Table ronde avec les interventions des observateurs (étudiants), de Louise Emö (auteur). Mise en débat... et conclusion des 3 journées.

 

Modération : Jacques André

 

Traductions simultanées : Pauline Faure

 

 

 

Tel. +32(0)65.61.34.60 
128 rue de l'Industrie
7080 La Bouverie
Belgique
  • Wix Facebook page
  • Wix Twitter page
  • Wix Google+ page