APREM#8

 
La fabrique des dominations algorithmiques

Invité d’honneur : Roland Gori

APREM est un dispositif d’expérimentation qui confronte des artistes issus du numérique, des arts de la scène, des plasticiens, scientifiques, chercheurs, théoriciens et universitaires afin de décloisonner, créer et expérimenter les outils numériques autour d’un thème de société. Le sujet abordé permet ainsi une réflexion sur le développement numérique, nécessaire à un usage conscient et citoyen des outils numériques.

 

Le thème abordé cette année interroge la domination des algorithmes et comment ces calculs de probabilités sont utilisés pour remodeler les réalités individuelles et/ou conforter la domination de certaines catégories d’individus. Le risque d’une société qui se tourne systématiquement vers une approche algorithmique masque en partie la complexité des enjeux socio-éthico-économiques qui demande d’autres types d’interventions. Par exemple, les algorithmes des réseaux sociaux tels que Facebook créent une « bulle » informationnelle de filtrage et l’enfermement en limitant l’accès et l’échange avec des personnes d’opinions différentes. Cette absence de diversité informationnelle pourrait à moyen terme augmenter le risque de manipulation et entraîner une polarisation et une scission de nos sociétés contemporaines.  

Roland Gori est l’invité central de cette 8ème édition pour aborder durant ces trois jours les grandes questions qui traversent régulièrement son travail, à savoir la crise du récit à l’ère du numérique, la liberté est-elle soluble dans les algorithmes ? et tous connectés mais isolés ? 

Roland Gori est psychanalyste et professeur émérite de psychologie et de psychopathologie clinique à l’Université d’Aix-Marseille. Il est l’un des initiateurs de « l’appel des appels », collectif de professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’éducation, de la recherche, de l’information, de la culture. Ce collectif, créé en 2008, qui a très vite réuni 90 000 signataires à sa création, invite à réagir et à s’opposer aux logiques de normalisation et d’évaluation dans ces domaines. Il dénonce un « phénomène idéologique et de convergence de méthodes qui vise à araser l’humain au profit des logiques comptables et marchandes ». Il proposera deux conférences "tous connectés, tous isolés" et "autorité, pouvoir et domination au temps des algorithmes". 

 

"La Botanique Coloniale Wikifiée" est la dernière création de Anaïs Berck, réalisée dans le cadre de DiVersions (https://diversions.constantvzw.org). C’est une proposition de recherche de l’altérité dans l’encyclopédie en ligne Wikipedia et son référent structurel Wikidata, deux ressources qui sont largement utilisées dans le monde pour entraîner des modèles de machine learning. L’altérité dans ce travail est représentée par les arbres.

Anaïs Berck présentera ce travail et sa génèse. Ce sera le point de départ pour introduire de différentes questions de recherche à l’aide de situations concrètes. Le public sera ensuite invité à partager ses expériences, pratiques, idées. 

Voici déjà quelques questions qui constituent le sujet de la recherche actuelle de Anaïs Berck: que se passerait-il si les collections numériques étaient consciemment manipulées pour y inclure une représentation égale d'autres entités que les entités humaines ? Que signifie concrètement l'accessibilité aux données ? Qui est l'auteur d'une création algorithmique ? Faut-il parler de droit d’auteur collectif, y compris des auteurs du logiciel et des auteurs des données avec lesquelles le modèle est formé ? Les créations algorithmiques sont possibles grâce au mouvement du logiciel libre et aux universitaires qui publient leurs travaux en ligne. Pourquoi, comment et où le code créatif est-il le mieux partagé ?

Judith Duportail : Journaliste, membre du collectif des journalopes, autrice du livre L’amour sous algorithme, elle y expose comment l’application Tinder délivre une note secrète de « désirabilité » à chaque utilisateur. Epaulée par un hacker, mathématicien et un avocat, elle s’est lancée dans une enquête qui l’amena à plonger très loin dans les rouages des algorithmes et de son intimité. 

Léa Rogliano : artiste qui a cofondé le groupe Singularités/Tech, elle commence une recherche entre éthique et nouvelles technologies à l'ULB. Elle est professeure de scénarisation VR à Interface3 avec François Zagéga, artiste développeur et professeur qui lui a en charge la programmation. Ils viendront présenter des protos de jeux sur la façon dont on peut hacker Tinder, développés pendant l'atelier de VR à Interface 3. 

Laure Lemaire : directrice d'Interface 3, asbl qui forme notamment chaque année 120 femmes en recherche d'emploi aux professions informatiques. 

Sabine Sil : artiste, elle effectue en 2019 une résidence d'une semaine "les petites conversations entre amies", à l'Hectolitre à Bruxelles. C'est dans ce cadre que sa présence sur Tinder - ainsi que celle de Mélanie Peduzzi - s'est posée; Mélanie Peduzzi : artiste belge diplômée de l'ENSAV La Cambre. Elle travaille entre écriture, performance et photographie. Elle élabore des protocoles de travail qui questionnent les normes imposées et le pouvoir de représentation dans la société contemporaine au travers d'actions et d'images basées principalement sur son propre corps. Elles présenteront "17 matches" oeuvre créée à partir de leur expérience d'une journée complète passée sur Tinder.  

Eric Guichard : philosophe, maître de conférences HDR à L’Enssib, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie et responsable de l’équipe "Réseaux, Savoirs et Territoires" de l’ENS – Ulm. Ses recherches portent sur l’Histoire et anthropologie de l’écriture, les technologies de l'intellect, la philosophie de l’internet et du numérique, l’épistémologie des sciences sociales, les Humanités dites numériques ou encore la géographie de l’internet, visualisation. Il interroge entre autres les valeurs qui structurent aujourd’hui le numérique et à quel point les algorithmes nous sont consubstantiels.

 

Marine Antony : artiste numérique, son travail allie la sculpture, les arts du mouvement et les arts sonores. Ses œuvres immersives et sensorielles invitent à des expériences du mouvement dans l'espace, elles sont des miroirs de la perception. A la croisée des arts et des sciences, ses recherches convoquent les sciences cognitives. Elle collabore actuellement avec le département de neurocybernétique du laboratoire ETIS à Cergy-Pontoise.

Jean-Claude Englebert : cofondateur des APREM assurera la modération d'APREM#8. Il interviendra également avec une conférence intitulée "À quoi servent les algorithmes?"  

 

Déroulé des trois journées

(Attention ce déroulé est susceptible de modifications)

 

Jeudi 14 novembre

 

15h – Introduction

 

15h15 – Judith Duportail - "L'amour sous algorithme" une enquête sur comment la technologie bouleverse l'amour et la liberté. 

Cette intervention sera accompagnée de lectures d'extraits de l'ouvrage par Lucille Calmel, artiste et performeuse numérique. 

16h15 – Pause 

 

16h45 – Présentation de prototypes de jeux sur la façon dont on peut hacker Tinder, développés pendant l'atelier de VR à Interface 3.

En présence des étudiantes, de Léa RoglianoFrançois Zagéga, artistes et de Laure Lemaire, directrice d'Interface 3

17h30 - Pause

17h45 - "17 matches" présentation d'une oeuvre créée à partir de l'expérience d'une journée complète passée sur Tinder avec Sabine Sil et Mélanie Peduzzi, artistes

18h30 - Pause

18h45 - Présentation de fin de workhop des étudiants de la Cambre sur les algorithmes en présence de leurs professeurs, Valérie Cordy, Jean-Claude Englebert, François Zagéga et Ludovic Duhem

19h30 - Rencontres informelles et pause diner 

20h30 – Conférence de Roland Gori "Tous connectés Tous isolés" 

 

22h00 – Fin et départ de la navette vers Bruxelles

 

Vendredi 15 novembre

 

9h30 – Conférence de Roland Gori (Attention c'est hors les murs donc pas à la Fabrique) « De quoi les évaluations sont-elles le nom ? » - Plus d'informations par mail ICI

15h – Eric Guichard 

"Les nouveaux maîtres de l'écriture du monde"

 

16h15 – "La Botanique Coloniale Wikifiée", une création de Anaïs Berck, une exploration d'une collaboration humains / arbres / algorithmes

17h15 – Pause

 

17h30 - Atelier mené par Marine Antony "Imagination augmentée / collaborer avec les algorithmes pour dessiner sans ordinateur" (maximum 15 participants, inscription ici

 

19h30 - Rencontres informelles et pause diner 

20h30 – Fin et départ de la navette vers Bruxelles

 

Samedi 16 novembre

15h – Conférence de Roland Gori "Autorité, pouvoir et domination au temps des algorithmes"

16h30 - Pause

17h - Présentation des recherches de l'atelier de Marine Antony "Imagination augmentée" suivie d'une présentation de "Mimesis" un nouveau projet arts et sciences de l'artiste 

18h - Pause

 

18h30 - Conférence de Jean-Claude Englebert "À quoi servent les algorithmes?" et conclusions 

19h45 – Rencontres informelles et pause diner 

21h - Fin et départ de la navette vers Bruxelles 

 

 

Modération : Jean-Claude Englebert

 

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